Le Taphophile

Louis Blériot, pionnier de l’aviation française (Versailles, 78)

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« Mon voyage ? Que voulez-vous que je vous en dise ? Il n’a pas eu d’histoire. Je suis parti ; le moteur allait bien, l’hélice ronflait. […] Alors j’ai aperçu au loin le château de Douvres. Ce fut là désormais mon but. Vous dirais-je que je ne ressentais aucune émotion ? Ce serait altérer la vérité ; mais enfin ça allait bien. » (Louis Blériot, 25 juillet 1909)

Tombeau de famille de l’aviateur Louis Blériot, au cimetière des Gonards à Versailles (78).

Ce 26 juillet 1909, au lendemain de l’exploit de Louis Blériot, toute la presse du monde entier s’enthousiasme d’un événement qui s’apprête à changer le cours de l’Histoire ! « L’Angleterre n’est plus une île », un homme a réussi à traverser la Manche, en avion, dans un vol d’une trentaine de minutes entre Calais et Douvres ! Quelques années après le tout premier voyage aérien, par Henri Farman, un nouveau français vient de réaliser un exploit qui ouvre la voie au développement spectaculaire de l’aviation civile. Du jour au lendemain, Louis Blériot devient une gloire nationale.

Une du Petit Journal, au lendemain de l’exploit de Louis Blériot.

D’abord entrepreneur dans la fabrication de phares pour les automobiles, Louis Blériot se prend de passion pour l’aviation balbutiante et ouvre une nouvelle entreprise aéronautique. De 1901 à 1909, il s’évertue avec divers collaborateurs à mettre au point un aéroplane capable de voler le plus longtemps possible, en perfectionnant des moteurs souvent mis en échec. Mais il n’est pas seul à vouloir entrer dans la légende ! Plusieurs pionniers acharnés sont lancés dans la course à la Manche, dont l’infortuné Hubert Latham qui échoue à quelques centaines de mètres de Douvres. Le 25 juillet, à l’aube, Blériot décolle à bord de son XIe prototype d’aéroplane (Blériot XI) et rejoint l’Angleterre, tandis que Latham, resté en France, ne peut décoller à cause du temps qui change, s’assoit aux côtés de son avion et fond en larmes.

Autographe de Louis Blériot pour Le Petit Parisien, après sa traversée de la Manche.

Retiré du pilotage, Louis Blériot continua après son exploit de développer son entreprise, avec un grand succès. Commandeur de la légion d’honneur, reconnu dans le monde entier, il fut constructeur d’avions à usage militaire pendant la Première Guerre Mondiale jusqu’au déclin progressif de ses ventes dans les années 1930. En 1927, après sa traversée de l’Atlantique, Charles Lindbergh demanda à saluer Blériot, un des plus fameux pionniers de l’aviation.

Sur la tombe de Blériot, l’hommage de l’Union des Pilotes Civils de France.

Louis Blériot s’éteint le 1er août 1936 à son domicile du boulevard Saint-Germain à Paris mais la nouvelle n’est pas connue aussitôt. Le 6 au matin, le corps est exposé dans la chapelle Saint-Louis des Invalides avant une cérémonie, en présence de nombreuses personnalités de l’aviation, et des honneurs militaires. Le cercueil est ensuite inhumé au cimetière des Gonards de Versailles, aux côtés du père de l’aviateur, décédé en 1929.

Louis Blériot repose aux côtés de sa famille au cimetière des Gonards de Versailles.
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