Jean Casimir-Perier, 6ème président de la République française (Pont-sur-Seine, 10)

« Certes, on a déversé sur lui l’injure et l’outrage, mais ces coups de bas en haut ne pouvaient l’atteindre. Son caractère, son passé, ce nom illustre dont il se montre si justement fier, lui donnaient le droit de tout dédaigner, de tout mépriser. […] M. Casimir-Perier se retire devant le premier obstacle, devant la première difficulté […]. » (Paul Bosq, 16 janvier 1895)

Jean Casimir-Perier est inhumé dans la chapelle familiale de Pont-sur-Seine (10).
Jean Casimir-Perier est inhumé dans la chapelle familiale de Pont-sur-Seine (10).

Ce 16 janvier 1895 au matin, la presse française ne sait plus quoi penser du Président Casimir-Perier, abasourdie par une nouvelle tombée quelques heures plus tôt : le Président de la République démissionne, six mois après son élection ! Pour Le Gaulois, c’est une désertion et ironise sur le fait que « l’Elysée peut être considérée dès à présent comme une auberge à la nuit » ; Le Figaro et Le Journal défendent encore la personnalité d’un homme parvenu au pouvoir dans « une situation bien difficile » ; Le Petit Journal dénonce « la campagne d’attaques personnelles, d’injures grossières » sur sa personne ; La Lanterne y voit un tour de force politique du président sortant, une « audacieuse tentative de restauration du pouvoir personnel » face à celui de la Chambre.

Une du Petit Parisien, le 16 janvier 1895.
Une du Petit Parisien, le 16 janvier 1895.
Portrait officiel du Président de la République Jean Casimir-Perier (1894-1895).
Portrait officiel du Président de la République Jean Casimir-Perier (1894-1895).

Retiré dans son hôtel particulier parisien, Jean Casimir-Perier n’évoquait jamais sa courte carrière présidentielle (la plus courte de l’histoire des présidents de la République française !) et continua à gérer ses affaires et son importante fortune. A sa mort, le 11 mars 1907, le président du Conseil Georges Clémenceau exprima au fils du défunt le souhait du conseil des ministres d’offrir à l’ancien Président des funérailles nationales, ce qu’il refusa pour respecter les dernières volontés de son père.

« Suivant les volontés expresses de M. Casimir-Perier, il ne sera envoyé aucune lettre de faire-part ; il n’y aura aucune cérémonie à Paris ; les obsèques auront lieu à Pont-sur-Seine dans la plus grande simplicité, sans fleurs ni couronnes et sans aucun discours. »

Une du Petit Parisien le 13 mars 1907.
Une du Petit Parisien le 13 mars 1907.

Casimir-Perier vivait à Paris mais passait énormément de temps dans son château de Pont-sur-Seine, dans l’Aube, demeure familiale depuis 1821. C’est dans cette commune qu’il souhaita naturellement reposer pour l’éternité.

Le petit cimetière de Pont-sur-Seine se trouve derrière l'église du village.
Le petit cimetière de Pont-sur-Seine se trouve derrière l’église, au centre du village.

Le visiteur de passage, ignorant tout de la présence dans ce petit cimetière d’un ancien Président de la République, aura probablement du mal à le découvrir par lui-même puisque rien, même pas une inscription sur la chapelle (située au fond du cimetière), ne peut rappeler l’illustre personnage – ce qui, finalement, correspond bien à son tempérament et sa volonté de discrétion. Le taphophile lui-même ne peut accéder à l’intérieur de la chapelle, fermée comme il se doit, et pourvue d’ouvertures si minuscules que seul le zoom de l’appareil photo peut s’y aventurer.

La chapelle où repose Jean Casimir-Perier est très difficile à découvrir.
La chapelle où repose Jean Casimir-Perier est très difficile à découvrir.

Un peu plus loin sur la route, on imagine derrière un petit bois le château familial des Casimir-Perier.

Le château de Pont-sur-Seine est privé et non visible depuis la route.
Le château de Pont-sur-Seine est privé et non visible depuis la route.

Enfin, une curiosité dans ce petit village tranquille : une plaque pour se souvenir qu’un jour de septembre 1961, alors qu’il se rendait à Colombey-les-deux-églises, le Général de Gaulle fut la cible d’un attentat manqué. Un destin tragique, heureusement évité, aurait pu réunir ces deux figures présidentielles qui, on l’a vu, avaient en commun une certaine idée de la politique, du rôle que doit tenir le chef de l’Etat … et de la postérité !

Souvenir d'un attentat manqué, contre le Général de Gaulle, en 1961.
Souvenir d’un attentat manqué, contre le Général de Gaulle, en 1961.
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